< Retour

Les études pindariques se renouvellent et s’approfondissent sans discontinuer. C’est exemplairement le cas pour cette dernière décennie, dans de riches collections d’articles et monographies, qui impliquent, dans des styles très divers, de réels débats méthodologiques et épistémologiques[1]. Publié par un duo d’auteurs (ensuite désignés comme Neer-Kurke), R. Neer (Université de Chicago), historien de l’art, en particulier de la statuaire grecque archaïque et classique, et L. Kurke (Université de Californie, Berkeley), philologue, anthropologue, historienne, spécialiste éminente de la poésie archaïque grecque[2], l’ouvrage Pindar, Song, and Space : Towards a Lyric Archaeology, y contribue remarquablement, par une interdisciplinarité efficace alliant archéologie, anthropologie culturelle, philologie, et esthétique. Les trois termes du titre (Pindare, chant, espace) sont entrelacés au long d’un volume dont la composition confine au tour de force, sur 450 pages mêlant réflexions théoriques, lecture détaillée de textes poétiques et épigraphiques, rapprochements entre poésie et culture matérielle, analyse d’images et d’objets (dont l’ode de victoire même comme objet), approches sensorielles et esthétiques (en particulier sur le rapport synesthésique entre vision, son (surtout vocal), mouvement et geste, avec un rôle décisif attribué à la danse et au chœur).

Un intérêt majeur de l’ouvrage est sa valeur programmatique : dans son titre général, comme dans celui de ce qui se présente non comme une conclusion mais comme une Coda, ouverte vers des recherches à venir, la préposition towards (« en direction de ») pointe vers un hybride scientifique appelé lyric archaeology. Certes, la méthode qui préside à ce parcours n’est parfois pas aussi nouvelle qu’on l’affirme : on y reconnaît ce qui souvent s’appelle Sciences de l’Antiquité ou, un peu différent, Classical Studies, avec une place plus importante que souvent accordée à l’histoire de l’art, mais un peu moins que parfois à la littérature générale et comparée. En revanche, l’ampleur et la rigueur de l’investigation menée sont appréciables, ainsi que la capacité réflexive à désigner et appliquer en détail tous les éléments de ce qui se présente comme a revelatory new understanding of the world the Greeks built – and a new model for studying the ancient world (« une nouvelle et évocatrice interprétation du monde qu’ont construit les Grecs – et un nouveau modèle pour l’étude du monde ancien »).

La brève Introduction (The Propinquity of Things 1-8) est placée, comme souvent dans certaines études classiques contemporaines, sous l’égide de Michel Foucault et de The Order of Things (traduction en fait incomplète de Les mots et les choses), dont on rappellera le sous‑titre (Une archéologie des sciences humaines) : on a là un écho paradoxal avec le sous-titre de l’ouvrage recensé, qui évoque l’archéologie comme discipline historique, non comme approche généalogique des savoirs et concepts. L’archéologie du discours savant contemporain sur l’épinicie est d’ailleurs difficile à mener, même si les étapes et écoles de pensée principales en sont assez bien identifiées. L’état de l’art présenté en introduction, et développé ensuite, indique de claires filiations et communautés pratiques et théoriques : on signalera ainsi l’ouvrage en effet fondamental de D. Mullen, sur la danse chez Pindare[3] et les travaux récents et en cours de L. Athanassaki[4], C. Eckerman[5], D. Fearn, E. Krumme[6], B. Maslov, M. Pavlou[7], D. Steiner[8], et d’autres. Pour un état des lieux plus général de la recherche en cours sur la poésie lyrique, de Sappho au « nouveau dithyrambe », on lira aussi avec profit la dernière synthèse de D. Fearn[9], que Neer‑Kurke ne pouvaient pas encore connaître, à la fois brillante et parfois polémique à l’égard des écoles de pensée et méthodes représentées par l’ouvrage recensé, surtout sur le rapport entre le texte pindarique et sa performance dite initiale, très contextualisée, et ses re-performances de niveau panhellénique, ainsi que sur le rapport danse (chorale) / texte et esthétique / cognition : l’approche de Neer‑Kurke, cherchant à éviter tout anachronisme, n’est en effet pas proprement littéraire, ni comparatiste, ni rhétorique. On souhaite que ces courants, aussi distincts soient-ils, restent complémentaires, au sein d’une communauté scientifique vivante : une intersection possible est la notion d’« esthétique », soit plus proche de son sens d’origine, lié aux effets de perception et émotion provoqués par une poésie (« mélique ») chantée et dansée (song-and-dance poetry) étudiée par rapport à son contexte matériel, sensoriel, religieux, politique, comme chez Neer – Kurke ; soit plus en rapport avec la transmission et la réception littéraire post-classique, jusqu’à nous, d’une poésie « lyrique », au sens hellénistique et moderne.

L’étude de Neer-Kurke porte sur la relation entre la poésie pindarique et la culture matérielle à laquelle elle participe activement, par les espaces et objets constituant son contexte de performance et de diffusion et les usages et conceptions de la distance et de la proximité ainsi mis en scène et en œuvre. La poésie épinicique est de l’ordre de l’expérience plus que du décodage. Tout en employant le qualificatif traditionnel « lyrique » (non « mélique », comme C. Calame et d’autres), les auteurs différencient cette poésie de la lyrique moderne comme expression personnelle. D’abord destinées à la performance publique et au spectacle rituel, réalisé par un chœur d’hommes chantant et dansant, les épinicies étaient site specific : le texte poétique se réfère, en particulier par des jeux de deixis et d’imagination, à l’espace de sanctuaires et cités accueillant la performance et aux monuments locaux et autres repères spatiaux et éléments de paysage, ainsi qu’aux sites panhelléniques et, dans les récits insérés, à une géographie passée, mythique / historique. Plus que d’énoncés, il s’agit d’énonciation, un processus poétique construisant des territoires et temporalités dynamiques. Citons ainsi la formule des auteurs pour lesquels le poète cherche à weave words and bodies into elaborate tapestries of myth and geography and, in so doing, to re-imagine the very fabric of the city-state (« tisser, à partir de mots et de corps, des tapisseries complexes de mythe et de géographie, et, ce-faisant, de réimaginer la trame même de la cité-état »).

L’ouvrage est organisé en trois parties de longueur inégale, définissant un parcours, de microenvironnements et espaces locaux, archéologiques et poétiques, au territoire d’une cité (Cyrène en Lybie), puis au kosmos transrégional des tyrans siciliens : chaque chapitre présente une dominante méthodologique, mais on y voit toujours en acte la transdisciplinarité évoquée plus haut. La première partie (Orientations and Local Spaces), la plus longue, établit des sources de type transmédial fondant ensuite l’analyse rapprochée des textes. Le chap. 1 (Two Spatial Technologies : The Map and the Chorus 11-44) présente d’abord les représentations grecques de l’espace typiques des VIe et Ve siècles, surtout chez Hérodote (4.42 sqq, le pinax d’Aristagoras), et les systèmes visuels et verbaux de mesure et cartographie de territoires, plus fondés sur une logique de parcours et circulation (periodoi) que de surplomb et distance linéaire standardisée. D’où une réflexion rapide et dense sur l’histoire de la géométrie et l’incommensurabilité de la diagonale d’un carré avec ses côtés et les nombres irrationnels. Puis on revient à Pindare (30-43) : la poésie chorale, comme mise en ordre métrique et spatio-temporelle du monde, relierait la mesure abstraite de l’espace et les corps en mouvement dans un espace réel. S’ensuit une brève et riche synthèse (Choral Lyric : A User’s Guide), où la danse et le chant mesuré ont le premier rôle dans une poésie qualifiée d’hybride (alliant hymne, monodie sympotique, gnōmai, épigrammes), fondamentalement liée au contexte d’exécution et aux effets de deixis, à la dialectique du local et du panhellénique, et aux effets formels et sensoriels de mouvements et pauses typiques de la structure en triade (cf. la stase épodique, selon W. Mullen). Le chap. 2 (Statues, Songs, and Spaces 45-91) s’intéresse à la statuaire structurant l’espace (topopoesis), et d’abord à la « brillance » des statues archaïques isolées et leur capacité à figurer la vitesse et à provoquer le thauma (plutôt qu’une impression de mimēsis classique) : par exemple, des guerriers et/ou coureurs en action comme l’hoplitodromos de Tübingen, en bronze, rapproché d’Achille, Iliade XXII. Après une réflexion sur des monuments comme la tour d’Akératos, à Naxos, ou des bornes en Attique, la seconde partie du chapitre s’intéresse aux groupes sculptés, par exemple à Délos, à leur sérialité, aux relations de distance, à leurs usages narratifs : l’ensemble du site d’Olympie est vu comme un système dynamique de limites et signaux (Boundaries and Signs, 77 sqq.). Puis on revient à la performance transmédiale pour une procession bien documentée, de Milet à Didyme, en l’honneur d’Apollon. Le chap. 3 (The Strength of Equipment and the Radiance of Song : Collaborative Effects 92-122) se consacre, inversement, à la présence d’agalmata dans les textes (par exemple Ném. 10, Pyth. 5, puis Ol. 7, Isthm. 4 et Ném. 3), comparés à des séquences d’épigrammes dédicatoires et associant jeux de proxémie, mobilité, sensorialité (surtout visuelle) et pouvoir (en réseaux de charis ou réciprocité). Le poème est un assemblage dialoguant avec l’environnement architectural de la performance, par ses effets visuels, au niveau diégétique et extradiégétique (99 sqq. Pindar’s Phenomenology of Radiance, 105 sqq. Narrativizing Light Effects : Isthmian 4, 113 sqq. The Light of architecture / The Architecture of Light : Nemean 3). Enfin, le chap. 4 (Fr. 75 SM and the Politics of Athenian Space 123-156), sur un assez long fragment de dithyrambe pour les Athéniens, à partir de données multiples, s’interroge sur le dispositif de repérage, orientation et régulation de l’espace en vigueur sur les places et dans les rues de l’Athènes archaïque et protoclassique, et cherche à se figurer, en accord avec les jeux de syntaxe textuelle, la danse circulaire du chœur autour de l’autel des Douze Dieux, sur l’Agora archaïque, véritable polubaton asteos omphalos (v. 3, « très fréquenté nombril de la ville »), pivot du régime spatial athénien composé comme un kosmos dynamique.

La deuxième partie (Pindar’s Cyrene : Pythians 4, 5, and 9) concerne la relation qu’établissent trois odes, composées sur une douzaine d’années, avec la cité de leurs dédicataires, Cyrène, en tant qu’espace matériel, sensoriel, culturel, mythologique et politique, qu’il s’agisse de l’aristocrate Télésicrate (Py. 9), du roi Arcésilas IV (Py. 5) ou de Damophile, noble en exil (Py. 4, achevée en intercession auprès du tyran). Chaque poème présente un discours sur les origines de la cité, en évoquant prioritairement des lieux différents, à Cyrène, en Lybie, mais aussi à Théra, dans le Péloponnèse et dans les îles ioniennes. Pindare relativise la topographie cyrénienne en la décrivant d’en haut, avec sa diversité de population, Doriens, Ioniens et Lybiens, et ses références mythiques qu’unifient le regard et le système royaux. Le poème en performance, associant chœurs et tyrans, devient comme un pivot autour duquel s’organise le territoire de la cité, de manière à la fois concrète, imagée, et abstraite, stylisée. Le chap. 5 (Cyrene, a Pindaric Schema 159‑188), dans le site de Cyrène et ses références historiques et mythiques, et dans les dédicaces cyrénéennes à Delphes et Olympie, à visée panhellénique, distingue, avec la diversité des schématisations pindariques, selon le poème et son horizon idéologique : le plan général de la cité, autour de la rue principale, l’agora et, enfin, les grands sanctuaires (Apollon Pythien, Zeus Ammon, Déméter et Korê). L’étude est menée dans le cadre d’une synchronie classique mettant de côté, peut-être trop, mais avec rigueur, à la fois les sources plus tardives (de Callimaque à Strabon), tout aussi engagées idéologiquement, et Hérodote. Comme auparavant, l’archéologie précède l’analyse rapprochée des textes : le chap. 6 (The City, the Body, and the Eye 189‑217) se concentre sur la quatrième Pythique, en relation avec les cinquième et neuvième dont elle est une sorte de compromis, et les processus par lesquels la poésie met en espace la politique, en associant « a spatialization of time and a temporalization of space in order to inscribe the Battiad kingship into the very topography of Cyrene ». Ainsi, à propos de la cinquième Pythique, la belle analyse intitulée The Eye and the Territory, 203-217, sur la diffusion du corps sensoriel et du regard du roi Arcésilas à travers la cité et son territoire.

La troisième partie (Pindar’s Greece : Olympian 6 and the Spaces of Tyranny) s’intéresse à la sixième Olympique, l’un des poèmes de Pindare les plus intensément sensoriels. La dynastie des Deinoménides siciliens, à laquelle appartient le dédicataire Agésias de Syracuse, est connue pour avoir remodelé la Sicile orientale. Dans une référence assez anachronique ou trop générale, mais intéressante, au dispositif politico-religieux que M. Foucault nomme « pouvoir pastoral », exercé sur une multiplicité de populations plus que sur un territoire, le chap. 7 (Epigraphy, Architecture, Song : Olympian 6 and Other Gifts 221-254) insiste sur les sources archéologiques (surtout les trésors) et épigraphiques (surtout dédicatoires, dans divers alphabets) reliant Syracuse, et d’autres lieux de Sicile, avec Delphes et Olympie, ainsi qu’avec l’Arcadie. Le chap. 8 (Pindar’s Transports 255-276), dans une ferme synthèse, joue sur la polysémie de la notion de « transport » : dans l’ode se réaliserait une kosmēsis ou mise en ordre « hodologique », où, suivant les déplacements, stations et gestes du chœur, dans la performance et dans le texte, les routes et cours d’eaux, réels, métaphoriques ou mythiques, accompagnent l’éloge sensible de la mise en ordre de la Sicile par Hiéron, par exemple par la fondation de la cité d’Aitna. Ce parcours à travers la poétique spatiale de Pindare s’achève par un diptyque associant, en synesthésie, vision, voix et mouvement : 261 sqq., Vision, “Light Effects”, and Voice) et Technologies of transport (269 sqq., sur la scytale, les colonnes du proème et la triadique chorale). On aurait, comme pour Cyrène, mais plus largement, une expansion spatiale, des cités de Grande-Grèce et d’Arcadie, ainsi que d’Olympie, et une relativisation, « ironique » disent les auteurs, des espaces, lieux, monuments et identités locales, dont le tyran devient le pivot. Pindare pourrait avoir anticipé, dans ses poèmes, la diffusion d’un imaginaire spatial (donc aussi visuel, sonore et surtout cinétique) par les re-performances panhelléniques.

On peut regretter deux points importants : d’une part, qu’on ne tire pas encore plus profit, au delà de W. Mullen, sur le rapport danse / poésie / espace, la « cognition encorporée » (embodied cognition), la « métaphore » (conceptuelle ou mieux sensorielle et synesthésique) et l’empathie, surtout kinesthésique, de travaux récents, sur les pratiques et théories anciennes et modernes de la danse[10] ou sur l’adaptation à des corpus anciens d’approches cognitivistes nuancées[11]. D’autre part, que parfois l’analyse philologue et littéraire n’aille pas plus loin, en rejoignant, même rapidement, l’étape suivante de la constitution des poèmes en textes, ou plutôt en ce que Budelmann – Phillips nomment des « événements textuels »[12]. La lecture d’un poème implique un impact corporel, sensoriel et cognitif, qui n’est pas toujours lié à une performance d’origine. C’est une difficulté que les spécialistes des arts de la scène connaissent bien, au point de s’interroger sur la notion d’œuvre et préférer celle d’expérience esthétique. Les auteurs signalent d’ailleurs avec raison l’utilité de deux notions pour des analyses textuelles où la performance peut n’être que fictive, au moins dans la lecture : « vicarious transport » (Nancy Felson[13], sur la deixis dans la poétique pindarique et dans sa réception active) ; « parachorality » et « incipient chorality » (Tim Power[14], sur la figuration réflexive du chœur, même dans une énonciation monodique, et sur le rapport architecture / mouvement). Ces éléments de critique n’en sont d’ailleurs pas vraiment : le travail réalisé est impressionnant et les choix méthodologiques clairement justifiés : l’ouvrage s’intéresse, et c’est déjà beaucoup, à Pindare, uniquement à lui, et à l’épinicie, genre qui dura peu, en synchronie avec la culture matérielle et vivante de son temps, proto-classique, et non par rapport à la poésie archaïque en général, ni à l’histoire classique, puis surtout hellénistique, romaine et moderne, de sa transmission et diffusion[15].

L’épilogue (Coda. Towards a Lyric Archaeology 277-279), encore plus bref que l’introduction, invite à de futures recherches troublant les hyperspécialisations disciplinaires et institutionnelles. L’ensemble est suivi d’un Appendix (Dating the Porch of the Geloan Treasury at Olympia, 281-296, qui situe le monument aux environs de 500 av.n.e., important pour la sixième Olympique), de copieuses Notes (297-382), et d’une riche Bibliography (383‑440), qui a la qualité désormais rare de ne pas être totalement anglophone, même si la recherche en italien, allemand ou français pourrait être mieux exploitée, par exemple les travaux de C. Calame, sur Cyrène, l’ethnopétique, la deixis, le dispositif de délégation chorale, le rapport entre mouvement représenté et performé ou entre ritualité et forme esthétique[16]. Le volume est excellemment présenté et illustré, ce qui explique un prix assez élevé : une version paperback sera très utile, pour mieux diffuser une réflexion dont l’intérêt dépasse son sujet précis.

On a là un exemple magistral de ce qu’une collaboration vraiment transdisciplinaire peut produire de mieux, passionnante pour les spécialistes de Pindare et de l’épinicie, mais aussi pour tous les philologues et historiens de l’art qui savent bien que la poésie vivante n’est pas « hors-sol ». Dans l’espace dynamique des études sur l’art et la poésie grecques archaïques, on salue volontiers ici un landmark book.

 

Michel Briand, Université de Poitiers

Publié dans le fascicule 1 tome 122, 2020, p. 281-286

 

[1]. On ne peut signaler toutes ces publications, mais au moins, par exemple, par ordre chronologique, avec des intitulés polyphoniques : G. Patten, Pindar’s Metaphors. A Study in Rhetoric and Meaning, Heidelberg 2009 ; J. B. Wells, Pindar’s Verbal Art. An Ethnographic Study of Epinician Style, Cambridge Ma. 2010 ; Z. Adorjani, Auge und Sehen in Pindars Dichtung, Hildesheim 2011 ; Aegina : Contexts for Choral Lyric Poetry, D. Fearn ed., Oxford 2011 ; Archaic and Classical Choral Song. Performance, Politics and Dissemination, L. Athanassaki, E. Bowie eds., Berlin-Boston 2011 ; Reading the Victory Ode, P. Agócs, C. Carey, R. Rawles éds., Cambridge 2012 ; Scholies à Pindare. Vol.I Vies de Pindare et scholies à la première Olympique, C. Daude, S. David, M. Fartzoff, C. Muckensturm‑Poulle éds., trad. et comm., Besançon 2013 ; B. Maslov, Pindar and the Emergence of Literature, Cambridge 2015 ; T. Phillips, Pindar’s Library. Performance Poetry and Material Texts, Oxford 2016 ; D. Fearn, Pindar’s Eyes. Visual and Material Culture in Epinician Poetry, Oxford 2017 ; et H. Spelman, Pindar and the Poetics of Permanence, Oxford 2018.

[2]. Depuis surtout The Traffic in Praise: Pindar and the Poetics of Social Economy, Ithaca 1991.

[3]. W. Mullen, Choreia. Pindar and Dance, Princeton 1982.

[4]. Voir op. cit. n. 1, L. Athanassaki, E. Bowie eds., et les contributions de L. Athanassaki à Fearn et P. Agócs, C. Carey, R. Rawles éds..

[5]. Par exemple C. Eckermann, « Pindar’s Delphi » dans K. Gilhuly, N. Worman eds., Space, Place, and Landscape in Ancient Greek Literature and Culture, New York 2014, p. 21-62.

[6]. E. Krummen, Pyrsos Hymnon : Festliche Gegenwart und mythisch-rituelle Tradition als Voraussetzung einer Pindarinterpretation (Isthmie 4, Pythie 5, Olympie 1 und 3), Berlin 1990 (ouvrage traduit en anglais en 2014).

[7]. Par exemple M. Pavlou, « Pindar Olympian 3 : Mapping Acragas on the Periphery of the Earth », CQ n.s. 60, 2010, p. 313-326.

[8]. Voir D. Steiner, The Crown of Song. Metaphor in Pindar, Londres 1986 ; id. Images in Mind: Statues in Archaic and Classical Greek Literature and Thought, Princeton 2001 ; et dans un travail à paraître dont Neer‑Kurke disposaient par avance, id., Choral Constructions: The Idea of the Chorus in Archaic and Early Classical Greece, Cambridge 2020.

[9].  D. Fearn, Greek Lyric of the Archaic and Classical Periods: From the Past to the Future of the Lyric Subject, Leyde 2020.

[10]. Par exemple, Choreutika. Performing and Theorising Dance in Ancient Greece, L. Gianvittorio  ed. Pise 2017 et de multiples travaux, certes pour la plupart mentionnés, de F. Naerebout, S. Olsen, E.-A. Peponi, K. Schlapbach, R. Webb.

[11]. Voir The Routledge Handbook of Classics and Cognitive Theory, P. Meineck, W. Short, J. Devereaux eds., Londres-New York 2019, et A. Zanker, Metaphor in Homer. Time, Speech, and Thought, Cambridge 2019, tout deux parus trop récemment pour Neer-Kurke. Mais aussi, d’une manière plus traditionellement philologique, N. Nünlist, Poetologische Bildersprache in der frühgriechischen Dichtung, Stuttgart 1988. De même pour l’histoire des conceptions anciennes et du vocabulaire grec de la vision, du regard, de la lumière: on se permet de signaler, parmi d’autres, M. Briand, « Light and Vision in Pindar’s Olympian Odes: Interplays of Imagination and Performance » dans The Look of Lyric: Greek Song and the Visual, V. Cazzato, A. Lardinois eds., Leyde 2016, p. 238‑254 ; et sur la relation entre poésie pindarique et sites, id., « Delphes dans les Pythiques de Pindare : … près du nombril central de la terre aux beaux arbres (Py. IV, 73-74) » dans J.-M. Luce dir., Delphes dans la littérature d’Homère à nos jours, Paris 2018, p. 35-61 (mais cette étude est en français …).

[12]. Textual Events. Performance and the Lyric in Early Greece, F. Budelmann, T. Phillips, eds.,Oxford 2018.

[13]. N. Felson, « Vicarious Transport : Fictive Deixis in Pindar’s Pythian Four », HSCP 99, 1999, 1-31, et l’ensemble du dossier « The Poetics of Deixis in Alcman, Pindar, and Other Lyric », Arethusa 37, 2004.

[14]. T. Power, « Cyberchorus : Pindar’s Κηληδόνες and the Aura of the Artificial » dans L. Athanassaki, E. Bowie eds., op. cit. n. 1, p. 67‑113, et « Sappho’s Parachoral Monody » dans M. Foster, L. Kurke, N. Weiss eds., Genre in Archaic and Classical Greek Poetry: Theories and Models, Leyde 2019, p. 83-108.

[15]. Voir en dernier lieu T. Hadjimichael, The Emergence of the Lyric Canon, Oxford 2019.

[16]. Voir C. Calame, P. Ellinger éds., Du récit au rituel par la forme esthétique. Poèmes, images et pragmatique cultuelle en Grèce ancienne, Paris 2017. On pense aussi à son travail qui vient d’être réédité et mis à jour : Les Chœurs de jeunes filles en Grèce archaïque. I, Morphologie, fonction religieuse et sociale; II, Alcman, Rome 1977 (Paris, 2019). Les questions de genre et d’érotisme chez Pindare jouent d’ailleurs peut-être un rôle plus important que pour Neer-Kurke : cf. par exemple E. Stehle, Performance and Gender in Ancient Greece, Princeton 1997.