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Le professeur Jean Marcadé s’est éteint le 28 décembre 2012 à l’âge de 92 ans. De nombreux hommages lui ont été décernés et l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, dont il était membre depuis 1983, prépare une journée qui sera entièrement dédiée à sa mémoire. Il est normal que la Revue des Études Anciennes rende elle aussi hommage à celui qui fut d’abord membre (dès 1965), puis président du comité de rédaction 1983 à 2012 et demeura presque jusqu’à sa mort assidu aux réunions du comité. Toute la vie de Jean Marcadé a été placée sous le double signe de l’exigence scientifique et de la bienveillance professionnelle. L’apport de ses travaux sur la sculpture grecque est d’une importance exceptionnelle : à Délos, à Delphes, à Xanthos comme à Claros, il déploya les dons de son acuité visuelle et de sa mémoire extraordinairement précise, recomposant des statues ou des reliefs émiettés et restituant des parties manquantes avec une justesse confondante. Ses travaux, moins connus, sur le sculpteur Damophon de Messène, constituent un exploit méthodologique et un trésor de science auquel il ajoutait encore des réflexions saisissantes dans un article paru peu d’années avant sa mort. Dans son enseignement à l’université de Bordeaux puis à la Sorbonne, Jean Marcadé déployait non seulement son savoir rigoureux mais aussi une attention sans faille aux étudiants et tout particulièrement à ceux qui, mus par son exemple, se spécialisèrent à leur tour dans l’étude de la sculpture grecque : il n’est pas exagéré de dire qu’il forma ainsi les meilleurs spécialistes français actuels de ce domaine. Ces mêmes qualités, il les mit au service de la Revue des Études Anciennes, qui bénéficia de l’aura internationale de son président autant que de son dévouement total, et dont le rayonnement scientifique demeura au plus haut niveau pendant les années où il en exerça la présidence. La tristesse de voir partir un grand savant et un maître plein de sagesse est, pour ceux qui ont eu la chance de le connaître, atténuée par le bonheur d’avoir aussi connu en lui un homme de bien.

Jacques des Courtils

Le professeur Jean Marcadé s’est éteint le 28 décembre 2012 à l’âge de 92 ans. De
nombreux hommages lui ont été décernés et l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, dont
il était membre depuis 1983, prépare une journée qui sera entièrement dédiée à sa mémoire.
Il est normal que la Revue des Études Anciennes rende elle aussi hommage à celui qui fut
d’abord membre (dès 1965), puis président du comité de rédaction 1983 à 2012 et demeura
presque jusqu’à sa mort assidu aux réunions du comité.
Toute la vie de Jean Marcadé a été placée sous le double signe de l’exigence scientifique et
de la bienveillance professionnelle. L’apport de ses travaux sur la sculpture grecque est d’une
importance exceptionnelle : à Délos, à Delphes, à Xanthos comme à Claros, il déploya les dons
de son acuité visuelle et de sa mémoire extraordinairement précise, recomposant des statues
ou des reliefs émiettés et restituant des parties manquantes avec une justesse confondante.
Ses travaux, moins connus, sur le sculpteur Damophon de Messène, constituent un exploit
méthodologique et un trésor de science auquel il ajoutait encore des réflexions saisissantes
dans un article paru peu d’années avant sa mort.
Dans son enseignement à l’université de Bordeaux puis à la Sorbonne, Jean Marcadé
déployait non seulement son savoir rigoureux mais aussi une attention sans faille aux étudiants
et tout particulièrement à ceux qui, mus par son exemple, se spécialisèrent à leur tour dans
l’étude de la sculpture grecque : il n’est pas exagéré de dire qu’il forma ainsi les meilleurs
spécialistes français actuels de ce domaine.
Ces mêmes qualités, il les mit au service de la Revue des Études Anciennes, qui bénéficia
de l’aura internationale de son président autant que de son dévouement total, et dont le
rayonnement scientifique demeura au plus haut niveau pendant les années où il en exerça la
présidence.
La tristesse de voir partir un grand savant et un maître plein de sagesse est, pour ceux qui
ont eu la chance de le connaître, atténuée par le bonheur d’avoir aussi connu en lui un homme
de bien.
Jacques des
courtils