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Ce livre est un ouvrage de philologie et de linguistique. L’importance qu’il a pour l’histoire de la Crète et au-delà justifie seule qu’un historien s’aventure à en écrire quelques lignes. Cette courte note ne saurait donc remplacer la lecture du livre, appuyée sur des comptes rendus par des auteurs plus compétents sur le cœur même de la démarche, tel Éric Dieu[1] ou Emmanuel Weiss[2]. Ce livre est solide et prudent, il aboutit à des résultats de premier plan, et sera donc une lecture obligatoire pour tous ceux qui touchent à la philologie et la dialectologie grecques, mais aussi à l’histoire de la société et du droit dans cette région qui est une des mieux connues du monde grec hors d’Athènes, grâce à une documentation épigraphique exceptionnelle, notamment pour l’archaïsme récent et l’époque hellénistique ancienne.

Le livre est construit autour d’un lexique, qui constitue l’essentiel du développement, flanqué d’une excellente introduction qui place bien les enjeux de l’étude du dialecte crétois, notamment dans ses rapports avec les autres, d’une conclusion et de très bons indices qui permettent de naviguer dans les entrées du lexique et le corps du texte, organisé par familles de mots, ce qui n’est pas le plus simple pour l’utilisateur. La conclusion, excellente, est une reprise systématique de l’essentiel des résultats et constitue en fait une bonne entrée dans le livre, notamment pour les historiens. Saluons l’appendice sur les lois de Gortyne, qui donne une excellente traduction française de l’ensemble de ce texte, en face du texte de l’édition Willetts, ce qui facilitera l’usage de cette source.

Le résultat le plus intéressant pour l’historien concerne l’existence de rapports avec l’arcado-chypriote, échos d’un substrat achéen en crétois, qu’on saisissait surtout jusqu’ici en phonétique et en morphologie, mais très peu dans le lexique. Ces rapports et ceux qui existent avec le vocabulaire voire le formulaire de l’ionien et surtout du droit attique amènent G. à conclure à la dérivation de ces éléments depuis un fonds grec commun d’ordre coutumier (p. 31, 39, 55, 91, 161-162, 213-215, 265-266, 303-304, 319, 327, 330, 350, 375-376, et l’essentiel de la conclusion). Comme G. le souligne à plusieurs reprises, il est difficile de voir comment des convergences entre des formulations crétoises et soloniennes pourraient s’expliquer autrement que par un héritage commun. En cela le livre de G. s’inscrit dans un mouvement important : il y a quelques années, même les groupes de dialectes ou les différents calendriers ou noms de tribus s’expliquaient par des contacts et des phénomènes de réseaux. Sur les tribus, le livre récent de O. Grote[3], a marqué le retour à une position plus équilibrée, qui fait sa place à une histoire longue et à des phénomènes d’héritage. Le livre de G. est sur ce point une contribution majeure, que les mycénologues et homérisants, entre autres, doivent lire justement par cet éclairage sur le temps long du droit grec.

On commence par deux séries d’observations portant sur des thèmes plus ou moins cohérents.

Ville, cité et campagne. – Les termes de δᾶμος, δάμιος etc. sont peu attestés en crétois mais font couler beaucoup d’encre, surtout à propos du texte de Dréros qui mentionne à la fois les « vingt de la cité (polis) » et les damioi, après les cosmes. Henri van Effenterre voulait reconnaître dans ce damos « la composante campagnarde de la cité », et nombreux sont ceux qui pensent pouvoir reconnaître ici une distinction entre ville et campagne. Le point le plus extrême de cette ligne de raisonnement est G. Seelentag[4] qui, s’appuyant sur un jugement arbitraire de Donlan, pense pouvoir donner au damos de Dréros un sens topographique et non social : ce serait simplement la chôra, et les damioi seraient les habitants de la chôra. On s’appuie trop souvent sur le damos mycénien dans cette affaire pour qu’on puisse faire l’économie d’une courte mise au point : quoi qu’on en dise et écrive encore souvent, le damos mycénien est, comme M. Lejeune l’a montré[5], une communauté rurale, donc un groupe social doté d’institutions, et le sens territorial est secondaire. Il est vrai, de plus, que les cités crétoises ont gardé quelque chose de cette organisation : mais soit une cité succède à un damos d’époque mycénienne, soit elle succède à un centre plus important et comprend alors plusieurs damoi, ce qui amène aux deux sens du mot en grec classique : le peuple citoyen dans son ensemble, ou les subdivisions de la cité constituées en communautés locales. Établir une équation entre damos et chôra est, d’un point de vue historique, absolument intenable. Si on veut suivre H. van Effenterre, il faut supposer que cette polis possède ou domine plusieurs damoi, et encore faudrait-il pouvoir prouver l’existence d’un habitat dispersé à cette époque et dans ce territoire. Dans le texte de Dréros, il est certain que la distinction entre les «vingt de la polis» et les damioi est essentielle. On peut y voir un conseil et une assemblée, ce qui semble le plus simple, d’autant que les vingt de la polis peuvent être les vingt qui siègent sur l’acropole, tout comme l’Aréopage est un conseil qui siège sur une colline, mais ne représente pas que celle-ci. Il y a bien une originalité crétoise dans l’opposition entre polis et chôra, mais il n’est pas possible de la faire remonter à une opposition entre polis et damos, qui se situe sur un tout autre plan. Le damos désigne certainement dès ce moment l’ensemble de la communauté civique, en accord avec les premières occurrences de δαμόσιος (p. 89). – Sur ce même texte de Dréros, G. relève d’ailleurs p. 293 que donner un sens spatial à πόλις opposée à δᾶµος amènerait à donner un sens différent au même terme en deux endroits du même texte, en renvoyant sur ce point à la juste observation de M.J. Werlings[6] . – La distribution des terres désignée par les termes ἀναδατέομαι et apparentés est certes une préoccupation constante des cités grecques ; cependant, comme le suggérait Ed. Will, il faut distinguer entre les redistributions issues de revendications conflictuelles et les distributions de terres, pas forcément primaires, mais moins conflictuelles : ἀναδασμός peut être une redistribution mais aussi une distribution, avec préfixe distributif[7]. En conséquence, les textes cités ici p. 93 n. 6 ne sont pas des redistributions au sens fort, mais des distributions de terres, qu’il faut distinguer des revendications radicales dont se gardent les serments cités p. 93-94. – À nouveau à propos de chôra (p. 362-363) : certes, un texte (le code de Gortyne, IV 32-35) distingue les maisons de la ville et celles de la chôra. Il est extrêmement rare, comme on sait, qu’un texte législatif grec fasse une telle distinction, et très rares sont les cas où l’on peut conclure à une différence juridique entre le centre urbain et le plat pays. Mais ici, Gernet (cité p. 363 n. 1) allait trop loin en parlant d’un vestige d’une situation archaïque. Cette unique distinction est strictement liée à l’exploitation des terres de Gortyne par les woikeis : on distingue non les maisons de la ville et celles de la campagne, mais d’un côté celles de la ville et celles qui, à la campagne, ne sont pas occupées par des woikeis, et d’un autre (implicitement) celles qui sont occupées par des woikeis, et qui ne suivent pas les mêmes règles de dévolution. Le détail de cette disposition et sa signification sont difficiles, mais l’opposition est claire, et elle ne se situe pas entre polis et chôra mais entre deux domaines déterminés par l’existence de la catégorie hilotique des woikeis. Sur la distinction juridique entre centre urbain et territoire, il faut voir Cl. Talamo[8], à propos d’Hippias d’Erythrée, FGrHist 421 fr. 1. – Une originalité du crétois sur ce plan est plutôt à chercher dans le sens de « citoyen » pour ϝάστιος (ἀστικός), alors que ἄστυ a ailleurs le sens de ville comme centre urbain, non de cité (polis) ; ceci est justement rappelé p. 149-150. Dans Lysias XVII 3, cité p. 150, les ἀστικαὶ δίκαι sont plutôt les « tribunaux de la ville » que les « tribunaux pour les citoyens »: il faudrait donc souligner que la correspondance est formelle mais pas sémantique. C’est un trait important du crétois, qu’on pourrait sans doute mieux souligner.

Hypothèque, gage, achat, échange, monnaies. – L’évolution de la terminologie gortynienne sur la garantie des prêts est déjà remarquée par M. Bile qui y voit plutôt une différence entre le grand code et les autres textes législatifs. Sur cette terminologie, une autre question se présente. Il est clair que les termes apparentés à ἐνέκυρον comme ceux apparentés à κατατίθημι (voir le statut du katakeimenos, soit esclave gagé, soit libre travaillant pour rembourser sa propre dette) désignent une situation de prise de gage, où le créancier entre en possession du bien et est censé le restituer une fois rentré dans ses frais. Or, des formules gortyniennes semblent désigner toutes les modalités de prise de possession d’un bien par « acheter ou prendre en gage » (p. 328-330). Où est l’hypothèque ? Il ne faut sans doute pas conclure trop vite à l’absence de l’hypothèque en droit crétois, puisque des formules parallèles en attique (p. 329 ; voir aussi un exemple un peu différent p. 368) montrent la même formulation d’ensemble avec mention des seuls achat et gage. Il s’agirait plutôt de désigner l’acquisition définitive ou temporaire, de manière générale, sans qu’il faille forcément y voir deux formes juridiques bien précises. La prise de possession d’une hypothèque après défaut du débiteur serait alors subsumée sous la notion d’achat. [La thèse de E. Harris, visant à confondre toutes les formes de gage et d’hypothèque en droit attique, ne tient pas. Le cas attique, qui fonctionne avec trois catégories, hypothèque, vente à réméré et apotimèma, montre que la situation réelle peut être plus complexe que l’opposition entre gage et hypothèque, qui est une première approximation]. – Autre question sur le gage et l’hypothèque : θέσθαι et τίθεσθαι désignent-ils toujours la prise de gage et la mise en gage ? Dans le texte sur les vergers de Kèskora et Pala (IC IV 43 Ba), on trouve d’abord une disposition sur l’invalidité de tout achat ou prise de gage, avec la formule πρίαιτο ἢ καταθε[ῖ]το puis τὰ[ν ὀ]νὰν μ̣η̣δὲ [τὰ]ν κα[τά]θεσιν ; mais vient ensuite une autre disposition stipulant que l’on ne peut prendre de gage à moins de mesurer la récolte sur pied (sens de ἐπικαρπία : p. 187-189), μηδ’ ἐνεκυράδδεν αἰ μὴ ἐπι[μ]ετρ[ῆι] τὰν ἐπικαρπίαν. G. semble, dans une autre discussion de ce texte, comprendre ici que τίθεσθαι désigne l’hypothèque, ἐνεκυράδδεν la prise de gage. C’est en effet la meilleure manière de comprendre le texte : achat et hypothèque sont invalides, mais l’exploitant peut gager la récolte, qui lui appartient. Comme il s’agit de location de terres publiques, cela semble cohérent. Mais dans ce cas notre lecture de la formule binaire du type πρίαιτο ἢ καταθε[ῖ]το ne tient plus : καταθεῖτο est bien l’hypothèque, non la prise de gage. Il reste beaucoup à faire sur ce point (voir évidemment M. Bile, Dialecte, p. 328-331). – Enfin, toujours sur les transferts de biens, autre formule binaire : μὴ πρίασ[θα]ι| μὴ ἀμεϝύσασθαι, « ni acheter ni recevoir en échange », dans une inscription ancienne, fin du viie s. ou début du vie s. (p. 42). Il peut s’agir d’un échange direct entre deux biens ; le texte est mutilé, on y reconnaît la mention de porcs : le contexte est peut-être cultuel, en tout cas pas foncier, et il s’agit donc probablement de biens meubles. Ce serait un échange non monétaire, passant cependant par une évaluation des deux biens, mais mieux vaudrait sans doute éviter d’en faire un vestige d’une économie du troc dont l’existence est bien hypothétique. Le troc en lui-même est très mal attesté, son universalité ancienne, avant la monnaie, est un fantasme imposé par le récit usuel des origines économiques de la monnaie. On trouve une telle disposition, prévoyant la possibilité d’un échange, dans le texte du Bronze Pappadakis. – Sur la monnaie, voir aussi p. 218-219, 252-253, 281. G. souligne très justement que les objets « pré-monétaires » sont devenus des unités de poids, en accord avec H. Nicolet-Pierre. C’est en accord avec ce que l’on sait maintenant de l’importance de la monnaie de métal pesé dès l’époque géométrique au moins.
Ajoutons les remarques suivantes, toujours dans une perspective historique. – La formation de ἀγρέτᾱς et termes apparentés est discutée (p. 19-25) et rattachée à ἀγρέω plutôt qu’à ἀγείρω, selon une hypothèse de Jeffery et Morpurgo-Davies, ce qui n’est pas sans conséquences sur le développement de termes comme hippagrète mais aussi côlacrète, qu’on pourrait ajouter au dossier mentionné ici[13]. – Distinction de deux types d’entrée en possession des biens d’un héritage, pour les héritiers proches et les autres, désignés par ἔχειν et ἀναιρεῖσθαι (p. 27), ce qui peut permettre de tracer une limite pertinente dans la parentèle, la parentèle proche comprenant oncles, tantes et leurs descendants. – Analyse des formes liées à ἀκεύω et κοέω (p. 34-39), rattachées en dorien à un substrat achéen. – L’emploi de ἀνήρ (p. 44-45) pour désigner un individu de quelque statut que ce soit peut être mis en relation avec la tournure homérique de type δρυτόμος ἀνήρ. – Les terres dites ἀπαμία ou ἀφαμία (p. 66-67) sont peut-être des terres lointaines, mais pas incultes, puisque justement les ἀφαμιῶται les travaillent. Dans l’inscription sur la frontière entre Latô et Hiérapytna, ce peut être un ensemble de parcelles, la propriété d’un Exakôn, plutôt qu’une ferme au sens strict, selon la glose d’Hésychius donnant ἀγροικία comme équivalent. La frontière est ténue entre un sens technique, agricole, et un sens juridique, rendu nécessaire par l’existence d’une catégorie servile. – Il y a bien un conseil, non une dikè exoulès, dans le décret de Lyttos SEG 35, 991A (p. 76-78) ; sur le conseil, d’un point de vue institutionnel, voir désormais G. Seelentag[14]. – Le terme δίαλσις est vu comme « un nom d’action archaïque indiquant la répartition de ces vivres » (p. 101), en complément de trophè et misthos, non sans conséquence pour ces deux termes bien connus. Sur l’articulation de ces deux termes, p. 101 n. 4, il vaudrait mieux faire référence à Ph. Gauthier[15] – Il est étonnant de laisser à d’autres la question des rapports entre δλος et ϝοικεύς, qui a bien sa place dans une étude sémantique: ce ne sont pas «les historiens et les juristes» seuls qui vont trancher ce point si les linguistes ne s’y attaquent pas (p. 120‑121 et 163-166). La confusion qui règne sur ce point doit être clarifiée à partir des observations de M. Bile, Dialecte, p. 346 : dôlos peut être mis à la place de woikeus, mais pas l’inverse. Il faut surtout désormais voir M. Bile[16]. Les woikeis comme les Hilotes sont des esclaves, mais tous les esclaves ne sont pas des woikeis. Voir mon compte rendu de D. Lewis[17], dans Topoi. – Woikeus comme terme de substrat : p. 165-166. – Sur περίοικοι (p. 168), il serait bon d’ajouter l’emploi aristotélicien spécifique aux discussions sur la Crète dans la Politique, qui se distingue nettement des sens usuels. – Il faut souligner l’importance de l’occurrence probable d’hedna dans une inscription du vie s. à Gortyne (p. 130-131), tant ce terme est lié à la pratique du mariage homérique et au « prix de la fiancée ». Les rares attestations ultérieures ne semblent plus avoir ce sens mais désigner des cadeaux à la fiancée, et dans ce cas elles n’auraient pas de raison de figurer dans un texte de loi (cf. Chantraine, DELG, s.u.). S’agit‑il d’une survivance du mariage homérique ? L’apparition d’un sens nouveau pour ὀπυίω (p. 265-266) est, elle, un élément de rupture entre le mariage épique et le mariage crétois. – Les termes de ϝοικία et κλᾶρος sont rapportés à des réalités plus vastes que famille et lot de terre : un clan pour le premier (p. 171), une unité territoriale ou gentilice pour le second (p. 195-197). Il est probable qu’on touche ici à une réalité, notamment pour κλᾶρος, mais il convient de voir avec une certaine prudence les références à des travaux d’historiens (p. 171 n. 1) : que des familles étendues soient le noyau de certains habitats de l’âge du Fer n’est pas impossible mais pour le moment non démontré. – Bonne discussion sur le sens de μάρτυς, « témoin », p. 224-227, et sur la fonction et le rôle du μνάμων, p. 230-233. – La μνωία comme classe servile est un terme dérivé de δμώς, nom épique et hésiodique de l’esclave, p. 233-235 ; mais peut-on dire qu’il s’agit d’un « élément achéen de l’épopée », p. 234 ? Le mycénien a do-e-ro, qui donne δοῦλος. – Le terme ὄνησις « avantage, profit, jouissance » peut être mis en rapport avec myc. o-na-to, courant dans les textes fonciers, et formé lui aussi sur ὀνίνημι. – La formule désignant un achat d’esclave avec πρίαμαι comme écho d’une formule mycénienne avec qi-ri-ja-to (p. 303-304) : point déjà souligné par Perpillou et d’importance fondamentale pour l’histoire de l’esclavage. Sur la formule mycénienne et sa nature juridique, voir J.-P. Olivier[18].– Τιμά « valeur, prix » mais aussi « amende » : p. 335-336. – Sur φυταλιά : l’identification de Πάλα avec le toponyme cnossien qa-ra n’est pas forcément à rejeter (p. 349 n. 4), même si qa-ra est rattaché au groupe III de Wilson, c’est-à-dire à une vaste région centrale comprenant aussi Tylissos et Lyktos. Voir J. Bennet[19]. Le mycénien distingue pu-ta-ri-ja et pu-te-ri-ja mais ce second terme, plus technique, lié au statut de φυτήρ, disparaît avec le linéaire B. – Les κρέματα comprennent-ils les terres ? La discussion est toujours en cours, celle de G. est bienvenue ; on se reportera comme lui à Cl. Brixhe et M. Bile[20].

Les deux annexes qui closent le livre, sur les noms de tribus et les noms de mois, cultes et fêtes, sont extrêmement précieuses. Ce sont des discussions solides et à jour sur deux ensembles dont l’importance est évidente. Les noms de tribus en Crète ne correspondent pas aux usuelles tribus doriennes, et G. souligne les liens avec le fonds achéen, encore une fois, même s’ils ne sont pas directs. Cette partie du livre complète utilement Grote, op. cit., qui ne considère que les sources proprement archaïques : voir mon compte rendu de ce livre dans Gnomon. G. souligne à juste titre que les tribus des cités crétoises ont pu aussi être à base territoriale. L’annexe sur les mois, cultes et fêtes est très riche, et c’est la partie du livre où le mycénien a pu être au mieux mis à contribution.

On l’a compris, le livre de G. fera date, et il doit absolument être lu par tous ceux qui ont un lien quelconque avec la Crète.

 

Julien Zurbach, ENS, AOrOc, IUF

Publié dans le fascicule 2 tome 122, 2020, p. 596-601

 

[1]. BMCR, 2017.11.61.

[2]. Bulletin de la Société de linguistique, 2018, p. 220-224.

[3]. Die griechischen Phylen, Stuttgart 2016.

[4]. Das archaische Kreta, Berlin-Boston 2015, p. 144‑145.

[5]. « Le δᾶµος dans la société mycénienne », REG 78, 1965, p. 1-22.

[6]. Le démos avant la démocratie, Paris 2010, p. 172.

[7]. Ed. Will, « Aux origines du régime foncier grec », REA 59, 1957, p. 11 n. 4.

[8]. Mileto, Rome 2004, chap. 3.

[9]. Le dialecte crétois ancien, Paris 1988 p. 369.

[10]. J. Zurbach, Les hommes, la terre et la dette en Grèce c. 1400 – c. 500 a.C, Bordeaux 2017, p. 464‑465.

[11]. IG IX I2 3, 609, l. 22-23, ἀλλαγά.

[12]. « Histoires de chaudrons » dans C. Grandjean, A. Moustaka éds., Aux origines de la monnaie fiduciaire, Bordeaux 2013, p. 35-37.

[13]. Voir H. van Wees, Ships and Silver, Taxes and Tribute : a Fiscal History of Archaic Athens, Londres-New York 2013, p. 19 et 40-41 ; Chantraine, DELG, s.u. ἀγείρω.

[14]. Op. cit. n. 4, chap. VII.

[15]. Un commentaire historique des Poroi de Xénophon, Paris 1976, p. 20-32.

[16]. «Woikeus et dlos à Gortyne au Ve siècle», dans Dike (Mélanges Maffi), Milan 2019, p. 29-48.

[17]. Greek Slave Systems, Oxford 2018, à paraître.

[18]. « Des extraits de contrats de vente d’esclaves dans les tablettes de Knossos », Minos 20‑22, 1987 (Mélanges Chadwick), p. 479-498.

[19]. « The Structure of the Linear B Administration at Knossos », AJA 89, 1985, p. 231‑249.

[20]. « La circulation des biens dans les lois de Gortyne » dans C. Dobias-Lalou éd., Des dialectes grecs aux Lois de Gortyne, Nancy 1999, p. 75-116.